Toutes
ces étapes ont été
nécessaires pour peu à peu retrouver confiance en moi,
prendre enfin ma place
et être aussi capable de me défendre.
Et, par expérience,
je peux à présent dire que, dès que :
- l'on s'affirme (notamment
oser dire "je", "non" et
"oui, mais je pense aussi que..."),
- l'on s'explique sur
le
moment (au lieu de tout garder en soi, d'accumuler et
ruminer),
- l'on identifie et
que l'on
exprime ses besoins,
on commence à
aller
mieux.
En S'AFFIRMANT, on prend enfin SA place et l'on a
soudain le sentiment
d'EXISTER.
Dorénavant, je n'ai plus peur de
me nourrir. Je dois même avouer que j'aime
manger. J'éprouve en fait un grand plaisir à m'alimenter,
car je sais que j'en
ai tout à fait le DROIT. Après tout, si on accepte qu'une
voiture ait besoin
d'essence, il faut aussi accepter que notre corps ait besoin
d'énergie.
En outre, j'en ai fini de faire le compte des
calories... et cette peur panique
de grossir en imaginant aussitôt cette graisse qui s'infiltrerait
dans mon
corps.
Par la suite, j'ai même retrouvé la
sensation de satiété (notion que j'avais
perdue à cause de toutes mes angoisses).
Enfin, alors que pendant mes années de boulimie,
à force d'avoir une vie
(surtout les soirs et les week ends) qui n'était que : achat de
nourriture,
gavage/purification, je pensais ne plus jamais pouvoir un beau jour
sortir de
ce schéma. Je me disais même que si je guérissais,
je ne saurais même plus quoi
faire de ma vie.
Mais, en travaillant beaucoup sur moi-même
et en faisant enfin ce
que je
voulais (et non plus ce que l'on attendait de moi), puis en abandonnant
ce
désir fou de perfection, je suis devenue plus forte ; et j'ai
même pu me
projeter sur l'avenir. Aujourd'hui, je suis tout à fait capable
d'avoir des
initiatives et de faire un tas de projets.
Cependant, il est indispensable de faire preuve de
lucidité, on ne guérit pas
du jour au lendemain. Chaque jour apporte son lot d'enseignement et
d'expérience... et c'est ainsi que, petit à petit,
on finit par trouver son
autonomie.
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